{"id":11794,"date":"2013-11-10T22:14:30","date_gmt":"2013-11-10T22:14:30","guid":{"rendered":"https:\/\/jurus.net\/mademoisellesteinitz\/product\/bocal-grave-au-nom-de-la-formule-chimique-dun-polluant-tres-nocif-dans-latmosphere-di-n-butyl-phtalate-huile-de-vidange-de-moteur-2\/"},"modified":"2014-04-18T00:45:40","modified_gmt":"2014-04-18T00:45:40","slug":"bocal-grave-au-nom-de-la-formule-chimique-dun-polluant-tres-nocif-dans-latmosphere-di-n-butyl-phtalate-huile-de-vidange-de-moteur","status":"publish","type":"product","link":"https:\/\/jurus.net\/mademoisellesteinitz\/product\/bocal-grave-au-nom-de-la-formule-chimique-dun-polluant-tres-nocif-dans-latmosphere-di-n-butyl-phtalate-huile-de-vidange-de-moteur\/","title":{"rendered":"Bocal grav\u00e9 au nom de la formule chimique d&#8217;un polluant tr\u00e8s nocif dans l&#8217;atmosph\u00e8re:&#8221; DI-N-BUTYL-PHTALATE&#8221;: Huile de vidange de moteur."},"content":{"rendered":"<p>Bocal transparent rempli d&#8217;un liquide noir velout\u00e9.<\/p>\n<p>THOMAS MONIN est n\u00e9 en 1973 en France. Unions \u00e9troites. Vers un art animal\u2026(texte de l&#8217;artiste) [\u2026] Le vivant n\u2019est pas sc\u00e9naris\u00e9. Ce que je fais ne rel\u00e8ve pas de la repr\u00e9sentation, je crois n\u2019avoir jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre. Ce qui constitue ce que je suis, alors que j\u2019\u00e9cris ces lignes, \u00e9tait auparavant, affect\u00e9 \u00e0 la constitution d\u2019autres formes, vivantes et inertes. En 1973, je suis n\u00e9 d\u2019une inaptitude \u00e0 rester dissoci\u00e9. [\u2026] Depuis tr\u00e8s t\u00f4t, je pratique le dessin de mani\u00e8re insatiable. [\u2026] Peintre de 1989 \u00e0 mon entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Ecole Nationale Sup\u00e9rieure des Beaux-Arts de Nancy en 1993, je tente de d\u00e9velopper une image o\u00f9 l\u2019humain et la mati\u00e8re jouent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant : une image de la mati\u00e8re humaine. Des \u00eatres transfigur\u00e9s se d\u00e9sincarnent peu \u00e0 peu pour n\u2019\u00eatre plus r\u00e9duits qu\u2019\u00e0 un signe vertical trouble, mince filet de boue fertile. A ce stade, je cesse toute forme de production picturale. [\u2026] Utilisant mon corps comme micro laboratoire du monde, je r\u00e9alise les Marches \u00e0 suivre de 1995 \u00e0 1997, o\u00f9 j\u2019use de l\u2019\u00e9tat second cons\u00e9cutif \u00e0 de longues marches forc\u00e9es, comme instrument de perception simultan\u00e9e des territoires du monde et des territoires du corps. Je tente de cr\u00e9er un langage universel en essayant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une conscience de la mati\u00e8re. Pendant une dizaine d\u2019heures, lors de Marche en Int\u00e9rieur en 1995, je m\u2019enferme dans une petite salle et chemine en longeant les murs, comme un animal dans un enclos. Ma propre culture m\u2019apparait comme un syst\u00e8me limitatif : je somatise ma sous-naturalit\u00e9 chronique, ma manie occidentale de fragmenter l\u2019univers. [\u2026] Il s\u2019agit, pour Chen Zhen, de \u00ab ne pas me d\u00e9ranger \u00bb, lorsque mon professeur me propose d\u2019\u00eatre son assistant. Pendant six ann\u00e9es, nous allons construire et installer ses travaux aux quatre coins du monde, jusqu\u2019en d\u00e9cembre 2000. Malgr\u00e9 ses pr\u00e9cautions, je suis pourtant &#8220;d\u00e9rang\u00e9&#8221;, au fil des mois, par les collisions culturelles du monde globalisant, et la fr\u00e9quentation intime et exaltante de la pens\u00e9e et de l\u2019art de Chen Zhen. Pendant six ann\u00e9es, nous n\u2019inventons pas seulement des techniques empiriques de travail du bois ou du m\u00e9tal, mais des fa\u00e7ons joyeuses de maltraiter les objets de rebus, pour qu\u2019ils r\u00e9v\u00e8lent l\u2019humain cach\u00e9 derri\u00e8re. Laissant libre cours \u00e0 l\u2019intelligence de nos mains, nous cr\u00e9ons, pour les corps, de vastes dispositifs enveloppants, nous nous jouons du c\u0153ur m\u00eame de la mati\u00e8re et, surtout, nous cristallisons l\u2019esprit. Sans cesse en aller-retour entre micro et macro, local et global, entre atelier et monde, le voyage que m\u2019offre Chen Zhen est une d\u00e9ambulation fulgurante \u00e0 travers le vivant, un v\u00e9ritable parcours initiatique : sans rel\u00e2che, nous invoquons la vie, dans sa substance, sa vibration m\u00eame. [\u2026] Mes Marches \u00e0 suivre s\u2019ach\u00e8vent en 1997 par le \u2019\u2019miracle\u2019\u2019 d\u2019un accident de voiture. S\u2019invente alors une s\u00e9rie de choses accouch\u00e9es des \u00e9l\u00e9ments naturels, une recherche, non seulement autour du sens de l\u2019activit\u00e9 artistique et de l\u2019objet sculptural ou de l\u2019installation, mais aussi autour de l\u2019aptitude humaine \u00e0 la projection. Je tente d\u2019appr\u00e9cier l&#8217;ascendance du contexte sur la vie elle-m\u00eame. [\u2026] Chen Zhen et Daniel Buren sont amis. Daniel Buren incarne la figure tut\u00e9laire du travail In Situ, tandis que Chen Zhen, qui pr\u00e9f\u00e9re l\u2019expression site specific installation, emprunte au Feng Shui, cette pratique s\u00e9culaire tao\u00efste vou\u00e9e \u00e0 l\u2019agencement harmonieux de l\u2019espace. Les affinit\u00e9s \u00e9lectives de ces deux hommes libres, r\u00e9sistants humanistes, et leurs visions compl\u00e9mentaires de l\u2019art fait pour son contexte, en fonction de celui-ci, m\u2019influencent grandement. Cependant, si j\u2019admire infiniment la puissance du travail de ces deux g\u00e9ants, je reste longtemps dans l\u2019impossibilit\u00e9 de d\u00e9finir ce qui m\u2019emp\u00eache d\u2019adh\u00e9rer pleinement \u00e0 leurs pratiques respectives de l\u2019In situ. [\u2026] Enfin, j\u2019en arrive \u00e0 comprendre que le champ du travail de Daniel Buren ne concerne que la civilisation humaine, et non l\u2019ensemble du monde vivant, dans la contemporan\u00e9it\u00e9 de ses processus de survie. De fait, la question de l\u2019animalit\u00e9 humaine est quasi absente de son \u0153uvre. Par cons\u00e9quent, Buren ne peut concevoir les liens entre syst\u00e8mes biologiques et processus culturels, qu\u2019il d\u00e9crypte pourtant tout au long de son \u0153uvre. [\u2026] L\u2019\u0153uvre de Chen Zhen est plus concern\u00e9e par des \u00e9chelles du vivant. Chez Chen Zhen, qui est atteint par la maladie, le vivant est en conflit avec lui-m\u00eame. Mais selon lui, le monde a la capacit\u00e9 de se soigner, d\u2019\u00eatre sa propre th\u00e9rapie. Chen Zhen voit dans l\u2019effervescence des \u00e9changes culturels li\u00e9s \u00e0 la globalisation, le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 la construction de la coexistence pacifique des peuples. Dans son \u0153uvre, l\u2019animalit\u00e9 appara\u00eet comme repr\u00e9sentation symbolique des \u00e9changes humains. Dans l\u2019installation Prayer Wheel \u2013 \u2019\u2019Money makes the mare go\u2019\u2019, par exemple, Chen Zhen fait sienne une maxime bouddhiste afin de porter un regard ironique sur la cupidit\u00e9 humaine, qui fait de la course \u00e0 l\u2019argent, une nouvelle religion mondiale. La figure humaine est, ici, compar\u00e9e \u00e0 la figure animale, via un regard d\u00e9pr\u00e9ciatif. Chen Zhen se moque de l\u2019homme en le comparant \u00e0 l\u2019animal, mais si la question de l\u2019identit\u00e9 traverse toute son \u0153uvre, il n\u2019est pas question de s\u2019identifier \u00e0 l\u2019animal, ou d\u2019assumer sa propre animalit\u00e9. Au contraire, il s\u2019agit plut\u00f4t de s\u2019en extraire, car l\u2019animal, vu par Chen Zhen, ne peut \u00eatre qu\u2019au service de l\u2019homme. D\u2019une certaine fa\u00e7on, l\u2019animal incarne l\u2019\u00e9tat d\u2019asservissement : l\u2019homme asservi est r\u00e9duit au stade animal. On peut d\u2019ailleurs remarquer que si l\u2019organisme vivant est souvent cit\u00e9 dans son \u0153uvre, il s\u2019agit toujours, plus ou moins m\u00e9taphoriquement, du vivant humain. Et si le r\u00eave de paix de Chen Zhen est louable, il ne s\u2019agit d\u2019un r\u00eave de coexistence pacifique qu\u2019entre les peuples humains. [\u2026] Ni la vision de Chen Zhen, ni la vision de Daniel Buren, si respectables soient-elles, n\u2019int\u00e8gre la n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse actuelle de soutenir un contre-feu face \u00e0 ce qui semble aller contre la perp\u00e9tuation de la vie et qui ruine la multiplicit\u00e9 des formes du vivant. Leurs \u0153uvres respectives restent ainsi dans le giron d\u2019un h\u00e9ritage anthropocentriste, o\u00f9 la nature \u00ab environne \u00bb l\u2019humain, asservie par celui-ci. A mes yeux, Daniel Buren et Chen Zhen, bien que grands humanistes, perp\u00e9tuent, paradoxalement, la trag\u00e9die contemporaine du vivant, y compris celle de l\u2019humain. [\u2026] D\u00e8s lors, je tente de m\u2019affranchir des conceptions directement ou indirectement anthropocentr\u00e9es de l\u2019activit\u00e9 artistique, car il me para\u00eet inconcevable de poursuivre, en tant qu\u2019artiste, l\u2019entreprise de destruction, m\u00eame indirecte, du vivant. [\u2026] J\u2019emprunte au vocabulaire de la chimie, je cr\u00e9\u00e9 des &#8220;r\u00e9actifs&#8221;, avec lesquels je tente des exp\u00e9riences de &#8220;courts-circuits\u2019\u2019. Je les ins\u00e8re dans diff\u00e9rents contextes, comme des r\u00e9v\u00e9lateurs de ce qui anime profond\u00e9ment ces contextes. J\u2019essaie d\u2019appr\u00e9hender les fonctionnements des politiques culturelles, dont j\u2019interroge les tenants et les aboutissants. Je tente de contrer les instrumentalisations de mon art. Soucieux de pr\u00e9server mon autonomie et mon ind\u00e9pendance, je consid\u00e8re le mythe du Cheval de Troie comme un v\u00e9hicule de r\u00e9sistance. L\u2019acte de conscience devient ma premi\u00e8re d\u00e9marche de r\u00e9sistance active. Vous ne voyez pas ce qu\u2019il vous semble voir car vous en faites partie (\u2026) \u00e9crit Francesca Caruana, \u00e0 propos de mes travaux. Loin d\u2019un art cosm\u00e9tique qui s\u2019enroule autour de lui-m\u00eame, j\u2019invite le visiteur dans l\u2019impulsion biologique. Je lui offre des dispositifs enveloppants, qui proposent une exp\u00e9rience du vivant, foudroyante et stimulante. C\u2019est qu\u2019il s\u2019agit, avant tout, de ne pas concevoir l\u2019humanit\u00e9 comme une maladie incurable de la mati\u00e8re vivante. J\u2019invente un art de la survie animale, qui s\u00e9cr\u00e8te des dispositifs convergents vers l&#8217;acceptation de l&#8217;animalit\u00e9 dans tous ses lieux de d\u00e9ploiement, y compris dans la conscience elle-m\u00eame. Ebloui par la symbiose, je vise d\u00e9sormais ce point d&#8217;association entre ces organismes qui ne peuvent vivre les uns sans les autres, chacun d&#8217;eux tirant b\u00e9n\u00e9fice de cette association. J\u2019adopte alors le concept d\u2019union \u00e9troite, pour d\u00e9finir le but de mes recherches. L\u2019union \u00e9troite invite \u00e0 l&#8217;exploration des rapports intimes que nous entretenons avec la mati\u00e8re vivante, et s\u2019essaye au massage simultan\u00e9 du corps et de la pens\u00e9e. [\u2026]<\/p>\n<p>Texte\u00a0 d&#8217;Emmanuelle Lequeux, critique d&#8217;art et journaliste au Monde, \u00e0 Beaux-Arts magazine et \u00e0 la revue 02 (2009)<\/p>\n<p>Notre fin serait proche ? Notre derni\u00e8re heure arriv\u00e9e ? Sans catastrophisme, l\u2019\u0153uvre de Thomas Monin tente d\u2019aiguiser notre conscience quant \u00e0 la trag\u00e9die \u00e9cologique qui menace la plan\u00e8te Terre. Son exposition est ainsi comme \u00ab un sursaut, proche de l\u2019\u00e9nergie du d\u00e9sespoir \u00bb. Aux antipodes de tout anthropocentrisme, l\u2019artiste met en sc\u00e8ne \u00e0 travers dessins, vid\u00e9os et installations les ultimes \u00e9nergies que met la nature dans sa survie. Il revendique sans appr\u00eats notre animalit\u00e9. Et se lance dans une tentative de symbiose avec ce que l\u2019on nomme trop souvent l\u2019environnement, et qui s\u2019av\u00e8re en fait un univers, lequel, plut\u00f4t qu\u2019il ne nous entoure, nous submerge, nous d\u00e9passe et nous contraint \u00e0 la plus grande humilit\u00e9. M\u00ealant iconographie chr\u00e9tienne, \u00e9tudes d\u2019entomologistes et d\u00e9rives naturalistes, il invente une sorte de po\u00e9sie activiste, qui aux slogans pr\u00e9f\u00e8re la profondeur de la r\u00e9flexion. Qui, \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019optimisme b\u00e9at, substitue une certaine noirceur. Une \u0153uvre qui se refuse \u00e0 se voiler la face. Quand tant d\u2019artistes contemporains se contentent de r\u00e9cup\u00e9rer le combat \u00e9cologique pour en faire une image de marque, Thomas Monin livre une \u0153uvre qui rel\u00e8ve d\u2019une imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9. Quand beaucoup se contentent de dresser un constat en \u00e9rigeant une nature artificielle, d\u00e9nu\u00e9e de toutes racines, lui s\u2019attaque aux racines du mal. Question de vie ou de mort : dans ses vanit\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019artiste met en garde contre les d\u00e9sastres qui s\u2019annoncent \u00e0 l\u2019horizon. Les \u00e9voque par exemple en un dessin, o\u00f9 une tornade infinie se dessine au gr\u00e9 de multiples pr\u00e9noms, et semble annoncer un d\u00e9nouement in\u00e9luctable : l\u2019entropie du monde, c\u2019est d\u00e9sormais nous qui en sommes les auteurs, plus que le temps.<\/p>\n<p>La mati\u00e8re vivante est le c\u0153ur palpitant de cette \u0153uvre, vaste arche de No\u00e9 o\u00f9 pourraient venir se r\u00e9fugier les esp\u00e8ces menac\u00e9es d\u2019extinction. Les animaux y d\u00e9filent, fragiles, abim\u00e9s, splendides malgr\u00e9 tout. Ainsi de cette t\u00eate de cerf qui ouvre l\u2019exposition en une vid\u00e9o : le cr\u00e2ne de la b\u00eate br\u00fble, mais les bois r\u00e9sistent ardemment au feu, gardant toute leur noblesse bien que maltrait\u00e9s par l\u2019homme au fil de l\u2019histoire : porte-manteau, porte-fusil d\u00e9sormais porte-conscience ? En \u00e9cho, un dessin \u00e9voquant un faon sautant \u00e0 travers des bois de cervid\u00e9 immenses, comme r\u00e9duit \u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un animal de cirque. Mais aussi un cerf sur le dos duquel des bois ont pouss\u00e9, et qui hante dans une lithographie le triptyque de Francis Bacon, Trois \u00e9tudes de figures au pied d\u2019une crucifixion. Autre animal, ce crapaud dont l\u2019artiste en un dessin titre un v\u00e9ritable portrait : un Bufo Periglenes, esp\u00e8ce end\u00e9mique du Costa Rica qui disparut en 2001. Un petit monument aux morts.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est l\u2019abeille qui revient essentiellement en leitmotiv : celle que l\u2019on \u00e9tudie trop souvent pour simplement mieux comprendre l\u2019homme dans son fonctionnement social, celle que les insecticides et OGM assassins condamnent peu \u00e0 peu, celle dont on dit que la disparition annoncerait de quelques ann\u00e9es l\u2019\u00e9radication de l\u2019esp\u00e8ce humaine. Thomas Monin en dessine les larves comme pour perp\u00e9tuer co\u00fbte que co\u00fbte leur survie. Il en dessine les alv\u00e9oles vid\u00e9es de tout corps, livr\u00e9es \u00e0 la blancheur de l\u2019absence. Il la crucifie en une installation o\u00f9 elle prend taille humaine, \u00e9voquant la violence de ce geste de l\u2019entomologiste qui consiste \u00e0 \u00e9pingler les insectes pour mieux les \u00e9tudier, disent-ils. Il lui donne aussi un visage humain dans un dessin o\u00f9 appara\u00eet l\u2019esclave Edmond Albius, qui inventa une mani\u00e8re artificielle de f\u00e9conder la vanille : l\u2019homme se substituant encore une fois \u00e0 une abeille disparue.<\/p>\n<p>De la mouche \u00e0 miel, il sculpte aussi l\u2019habitat : une ruche de m\u00e9tal qui semble toute traditionnelle avant que l\u2019on ne s\u2019approche et y d\u00e9c\u00e8le de minuscules dessins. Ils sont emprunt\u00e9s aux folles visions que le peintre J\u00e9r\u00f4me Bosch nous a livr\u00e9es au XVe si\u00e8cle : le Jardin des D\u00e9lices, le Chariot \u00e0 foin, ou encore la Tentation de Saint Antoine et le Jugement dernier. Hommes-troncs, ornithorynque sur patins \u00e0 glace, poissons volants, machines infernales, d\u00e9route des corps et des consciences\u2026 Ces images de l\u2019horreur chr\u00e9tienne sont ici d\u00e9voy\u00e9es pour dire notre Enfer contemporain. On retrouve d\u2019ailleurs Bosch dans un des nombreux dessins \u00e0 l\u2019encre pr\u00e9sent\u00e9s ici : sa nef des fous navigue vers un horizon vacillant, quand du ciel tombent une multitude de parachutes, qui font \u00e9cho \u00e0 un banc de m\u00e9duses sous-marin : m\u00e9taphore de notre folle condition humaine, qui navigue entre deux menaces et ne sait plus vraiment quel vent suivre.<\/p>\n<p>Enfin, de l\u2019abeille, Thomas Monin sculpte l\u2019or : ce miel qui bient\u00f4t, lui aussi, ne sera qu\u2019un souvenir. Il le pr\u00e9sente en bocaux, remplis d\u2019\u00e9normes faux diamants. Ensemble, ils jouent avec la lumi\u00e8re du jour. Sur chacun des r\u00e9cipients est inscrit le nom d\u2019une esp\u00e8ce disparue. En alternance, pos\u00e9s eux aussi sur une \u00e9tag\u00e8re, des bocaux d\u2019huile de vidange, cet or noir et fatigu\u00e9, portent, eux, les noms de ces substances toxiques que nos corps abritent en toute inconscience. Sujet malgr\u00e9 lui \u00e0 l\u2019emprise du mal, l\u2019homme se dessine dans cet \u0153uvre en un h\u00e9ros malsain plus que malmen\u00e9: les acteurs de l\u2019horreur nazie se retrouvent ainsi plant\u00e9s dans un pot de fleur, align\u00e9s comme au proc\u00e8s de Nuremberg. \u0152uvre au noir\u2026 Et pourtant, malgr\u00e9 tout, en un ultime sursaut de conscience, Thomas Monin se situe du c\u00f4t\u00e9 de la vie, tant qu\u2019il en est encore temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bocal transparent rempli d&#8217;un liquide noir velout\u00e9. THOMAS MONIN est n\u00e9 en 1973 en France. Unions \u00e9troites. Vers un art animal\u2026(texte de l&#8217;artiste) [\u2026] Le vivant n\u2019est pas sc\u00e9naris\u00e9. Ce que je fais ne rel\u00e8ve pas de la repr\u00e9sentation, je crois n\u2019avoir jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre. 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